CAROLINE CORBAL
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Le projet WORKERY est un journal: le travail d’une base de donnée regroupant différentes sources de recherche autour des questionnements  entre la technologie et les humanités numériques. C’est un carnet de recherche interrogeant les enjeux entre vie privée/public,biologique/technologique, conditionnement/créativité, mémoire/archivage. Il s’articule aussi autour de rencontres et de propositions sur le terrain. Ce sont aussi des textes écrits et des pensées mises en réseau venant éclairer et développer la démarche artistique.

À chaque émergence d’outils, qu’ils soient technologiques ou culturels se développe une nouvelle façon de voir, bouleversant par la même l’image que l’on se fait du monde. Cette approche contemporaine communicationnelle reposant sur un tout-technologique modifie la perception que l’homme a de la réalité – des notions d’espace et de temps qui sont les conditions de toute expérience ontologique. Dans ce nouvel environnement combinant à la fois technologie et culture se construit un système possédant des comportements émergents dépassant notre propre compréhension, créant de facto une première fissure dans le fondement de notre espace usuel. Cet environnement qu’il soit extérieur ou intérieur façonné par cette « techné » réel ou imaginaire prend naissance dans notre rapport d’être au monde. S’immisçant au plus près de notre corps humain, notre cerveau et nos yeux, le sujet ne semble exister que par cet objet technique médiatique où « le représentatif et l’expressif tendent à s’identifier l’un à l’autre (1) ». Se trouvant désormais pris entre un dedans et un dehors, une absence et une présence, une intimité et une extimité, se met en forme un espace informationnel et communicationnel où les écarts entre déconnexion et connexion se creusent. Il se dévoile ainsi une tension du lien non nécessairement causal, échappant aux lois habituelles du perceptible. Dans ce même espace-temps où l’intelligence artificielle et la robotisation cherchent à éradiquer le principe de l’ « erreur » et où tout n’est que quantification, datafication, anticipation et normativité, y aura-t-il encore une place pour ce réel subjectif singulier ?

(1) SFEZ Lucien Sfez, La communication, op.cit.

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